Le chemin de Stevenson, en famille

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Dans chaque édition de Cram Cram !, nos reporters en herbe ramènent un reportage pour te faire découvrir des gens sympathiques.
Ou des endroits géniaux ! Ce mois-ci, la famille Sergent-Casagranda nous emmène sur le chemin de Stevenson, dans les Cévennes.

Parfois il n’est pas nécessaire d’aller à l’autre bout du monde pour partir à l’aventure ! C’est ce que nous avons découvert en nous lançant à la conquête des Cévennes sur le chemin de Stevenson, avec pour compagnons de route deux ânes. Nous qui sommes amoureux de la nature, de paysages sauvages, de jolis petits villages, de culture, d’histoire, de curiosités gastronomiques et d’authentiques rencontres, nous avons été éblouis par ce chemin grandiose à portée des petits comme des plus grands marcheurs. Cette randonnée suit les traces de l’écrivain écossais Robert Louis Stevenson (le célèbre auteur de L’île aux trésors et de L’étrange cas du Dr. Jekyll et Mr. Hyde), qui a parcouru les Cévennes avec son ânesse Modestine en 1878.

Chemin de Stevenson, l'itinéraire

Le chemin démarre du Monastier en Haute-Loire jusqu’à Alès dans le Gard, en traversant le mont Lozère dans les Cévennes. Il emprunte des forêts, passe par des plateaux où l’on découvre de nombreuses cultures (par exemple, les lentilles du Puy), traverse le Gévaudan (mais nous n’avons pas vu la Bête !), longe des rivières, arpente de douces montagnes offrant de sublimes points de vue, enjambe des ruisseaux pour délasser les pieds fatigués, traverse de paisibles hameaux ou des villages très préservés et retirés des grands axes routiers. Tout au long du parcours, les petits coins idylliques pour pique-niquer ou bivouaquer ne manquent pas !

Les bons randonneurs mettent normalement 12 à 15 jours pour aller de bout en bout de ce chemin. Mais avec un âne, la randonnée prend un rythme beaucoup plus contemplatif, car il avance à 3 km/heure ! Il ne faut pas être pressé. Nous marchions environ 17 kilomètres par jour (7 heures avec les pauses). Nous nous levions tôt le matin pour profiter de la fraîcheur.

Le mont Lozère, sommet des Cévennes

Le mont Lozère est la montagne mythique des Cévennes. On se croirait en Mongolie (ou dans le décor du Seigneur des anneaux), il y a de vastes prairies vertes et rases avec des chevaux et des vaches en liberté, et de grandes étendues de bruyère violette bordées de pierres érigées comme des menhirs le long du chemin.
Ça monte en pente douce et plus on monte, plus le chemin devient rocailleux, venteux et brumeux.
Au sommet, à 1 699 mètres, il fait vraiment froid, mais on peut se protéger du vent dans des cabanes en pierres. On trouve aussi de nombreux cairns (monticules de pierres) construits par les randonneurs ! Le panorama à 360° est magnifique.

Les ânes du chemin de Stevenson

Je m’appelle Fleur, je suis l’aînée de la famille. C’est moi qui m’occupais des ânes que nous avions loués à Marie-Ange, une ânière qui les éduque et les entraîne à faire de la randonnée. Nous nous sommes vite rendu compte que ses ânes connaissaient très bien le chemin. Mais nous avons croisé des familles qui rencontraient des difficultés avec des ânes qui avaient peur de traverser un ruisseau, qui n’étaient pas ferrés ou qui refusaient de marcher ! C’est important de bien choisir l’ânier.
Les enfants de moins de 7 ans ont le droit de monter les ânes. Ma petite sœur Garance en a bien profité, quelle chance ! Moi qui avais 11 ans, je ne pouvais pas les monter. En revanche, je pouvais tenir la longe.

Randonner avec un âne, c’est en être responsable.Il faut en prendre soin pendant tout le temps du séjour, nous sommes sa famille d’adoption !
Chaque matin, nous devons le brosser, lui mettre son licol, une couverture sur le dos puis le bât (la structure en bois pour harnacher les sacoches). Il faut aussi lui curer les sabots, et surtout le chouchouter.
Ne pas oublier de lui donner sa ration d’avoine si l’on veut qu’il avance bien la journée.
L’âne porte nos affaires dans des sacoches de 20 kg maximum  qui doivent être équilibrées sur le bât.

Si l’âne n’avance plus, il faut lui donner une petite tape sur les fesses ; s’il est gourmand, on peut l’attirer avec un aliment qu’il aime manger. On peut aussi le pousser, mais en aucun cas il ne faut le tirer. Dans les montées, il nous est arrivé souvent de pousser notre âne.

Randonnée dans les Cévennes : ce que nous avons aimé

Ce que nous avons aimé, c’est d’être en immersion dans une nature sauvage et préservée, et d’avoir le temps de la contempler. Mais il y a plein de choses à explorer, découvrir et inventer tout au long du chemin : cueillir des plantes sauvages, visiter les villages, parler avec d’autres randonneurs, compter les moutons, faire des chasses au trésor, un herbier, apprendre à reconnaître les arbres ou le chant des oiseaux,  jouer à cache-cache, tendre un hamac entre deux arbres et faire la sieste, dresser des cairns, gober des framboises et des myrtilles, se baigner ou s’éclabousser dans les rivières. Marcher en famille, c’est aussi trouver le temps de discuter de plein de choses dont ne nous prenons pas le temps de parler au quotidien.

Nous traversons des villages et des hameaux qui n’ont pas beaucoup changé depuis le passage de Robert Louis Stevenson.
Les maisons sont faites de murs de pierres sèches, de toits en lauzes (grosses ardoises), avec des portes en bois. Il y a des jardinets en terrasses et de nombreuses fontaines.

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