Voyage en Irlande | Le reportage d'une famille en goguette

Posté sur1 Mois auparavant

La famille Glory-Gallerne a voyagé en Irlande. Eux aussi nous ont fait un reportage pour notre magazine de voyage Cram Cram. Les voyages forment la jeunesse !

Nous sommes quatre dans la famille Glory-Gallerne : Iris, 3 ans 1/2 ; Malo, 7 ans ; Nolwenn, 37 ans et Gwen, 40 ans. Mais pour pimenter notre voyage, nous sommes partis avec cousins et cousines, tatas et tontons, mamies et papys... Nous nous retrouvons à 18 pour partir à la rencontre de la république d’Irlande. Ou, comme disent les Irlandais, l’Eire ! Un nom gaélique qui sonne joliment. Allons donc y prendre l’air, justement, allons cotoyer ses habitants et découvrir le beau patrimoine qu’elle a su préserver. Terre sauvage aux paysages enchanteurs, l’Irlande a traversé de grandes épreuves (invasions vikings, peste, grande famine, conflit interne). Ces épreuves ont marqué l’île et forgé le caractère accueillant, chaleureux et convivial des Irlandais. En route !

Irlande, pays du mouton...

Les couleurs du drapeau irlandais ? Vert pour les catholiques, orange pour les protestants et blanc pour symboliser la paix tant souhaitée entre les deux religions. Voici trois symboles irlandais : les moutons, très nombreux à travers le pays ; les croix celtiques, sculptées d’entrelacs, qui nous rappellent les origines du pays ; et enfin la tourbe (ci-dessous), l’or noir de l’Irlande, qui brûle dans les cheminées et  permet aux habitants de se chauffer.

Impossible de rester insensible aux petits murets de pierres sèches qui délimitent les champs. Ils n’empêchent pas les moutons de vadrouiller où bon leur semble. Ils abritent, dans leurs interstices, toute une biodiversité : des oiseaux y font leur nid, des renards s’y protègent du vent, des fleurs s’y agrippent pendant la belle saison.

Face à la rudesse de la météo, à la pluie et à la grisaille, les Irlandais répondent au pinceau ! Ils colorent les façades des maisons, répandant la gaité et la bonne humeur. On dirait que les habitations ont bu les couleurs vives de l’arc-en-ciel. C’est comme un feu d’artifice mais en plein jour ! Iris s’interroge sur la maison bleue : c’est peut-être ici qu’habitent les schtroumpfs... Malo se demande quelle est la probabilité de rencontrer des leprechauns dans les environs. A chacun ses rêveries !

Au pub irlandais

Contrairement à nous, les Français, qui aimons recevoir à la maison des invités à déjeuner ou à dîner, les Irlandais préfèrent se retrouver à l’extérieur. C’est ce que l’on appelle « to socialize », voir du monde, rencontrer des gens.

Ils aiment les ambiances chaleureuses et animées. Le lieu de socialisation par excellence est le pub. Certains ne manquent pas d’attirer l’oeil et nous incitent à pousser leur porte. Ils ont chacun leur histoire et leur décor, comme Dick Macks à Dingle avec ses chaussures et ses bottes exposées car le patron du pub était aussi cordonnier !

Autre ingrédient de bonne humeur : la musique. Elle est partout ! A tel point que l’on pourrait penser que les Irlandais ont la musique dans le sang. Qu’elle soit traditionnelle, contemporaine ou autre, elle est omniprésente.

La musique irlandaise ne fait pas l’objet d’un apprentissage classique. Les enfants ont très vite des instruments entre les mains. Voir leurs aînés jouer les incite à participer. Ils barbotent dans un bain musical depuis leur naissance et apprennent donc sans solfège par imprégnation et mimétisme. C’est ainsi que se perpétue cette touchante musique irlandaise de génération en génération.

Session à Dingle

Nous avons passé beaucoup de temps à Dingle car c’est dans cette ville que maman a vécu quand elle avait 20 ans. Les sessions y sont nombreuses. Certains pubs ont leurs musiciens attitrés et réguliers (programmés) mais très souvent c’est le hasard qui compose le groupe. La musique est très entraînante et il est difficile de résister à l’envie de danser. D’ailleurs, certains clients laissent leur boisson sur le comptoir pour quelques figures de set dancing. Dans les pubs, on y joue, on y danse, on y boit et on y rit ! Quelle ambiance ! D’autres fois, on peut y entendre des conteurs, les fameux shanachies, apprécier un bon feu de tourbe et savourer une seafood chowder, ces délicieuses soupes crémeuses de fruits de mer.

Les hautes falaises d'Aran

Nous avons visité les îles d’Aran, avec ses hautes falaises. L’Irlande, c’est aussi le pays des paysages sauvages, des vestiges historiques, du grand air vivifiant, de la mer. La terre n’est pas toujours très  hospitalière. Aujourd’hui il fait trop froid pour aller plonger avec Fungie, un dauphin très familier qui a élu domicile dans la baie de Dingle. Alors nous visitons le fort circulaire de Staigue. Il aurait été bâti vers 300 avant J.-C. pour un roi local et servait de place forte pour surveiller les environs. Ses murs atteignent 5,5 mètres de haut, pour 4 mètres d’épaisseur et plus de 27 mètres de diamètre. Cela représente plusieurs centaines de tonnes de pierres installées avec précision les unes sur les autres sans risque d’éboulement... et sans mortier ! Nous découvrons aussi de vieilles pierres de taille gravées d’une ligne verticale entrecoupée de traits horizontaux et verticaux. Il s’agit d’un ancien alphabet : l’écriture oghamique.

De Dingle aux îles Blasket

Début mai, un étonnant festival d’art se tient depuis des années à Dingle : féile na Bealtaine. Ça veut dire la fête de mai en gaélique irlandais, une des langues celtiques qui partage son origine avec le breton. Moment important du festival : le défilé des enfants, qui rassemble les écoles de la péninsule de Dingle. Les costumes ont été imaginés à partir des plus célèbres contes et histoires pour enfants. Nous avons reconnu Alice au pays des Merveilles, Charlie et la Chocolaterie... C’est chouette à voir mais aussi à entendre car beaucoup d’enfants irlandais jouent des airs traditionnels de musique au son des tin whistles, des bodhrans, des accordéons et des harpes !

Maman voulait nous faire découvrir les îles Blasket à l’extrême pointe ouest de la péninsule de Dingle pour percer le mystère de ces îles qui ressemblent à un géant endormi, allongé sur la mer. Habitée jusqu’en 1953, cette île a vu naître et grandir de nombreux auteurs comme Tomas O’ Crohan ou Peig Sayers qui ont raconté leurs dures conditions de vie insulaire. Faute de traversée possible, nous avons admiré de la côte le «Sleeping Giant» et trouvé son histoire au mythique Café Liteartha (café-snack et librairie), véritable caverne d’Ali Baba qui regorge de livres d’auteurs locaux.

Étiquette: Irlande
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