Carnet de voyage en famille en Thaïlande

Posté sur1 Semaine auparavant

Voici le carnet de voyage de la famille Hanns pour notre magazine jeunesse : en Thaïlande ! Suivons leur pas... sur le dos des éléphants.

Sawat dee kha (bonjour) ! Cette année, nous avons décidé de partir un mois en Thaïlande, le pays du sourire et des éléphants. Là-bas, les gens sont vraiment très accueillants. Nous voulions découvrir les éléphants d’Asie, qui sont le symbole de ce pays.

Ganeshapark


Nous sommes allés vivre au rythme des éléphants à Ganeshapark, dans la province  de Kanchanaburi. François Collier vit en Thaïlande depuis vingt ans et rachète des  éléphantes âgées dans des camps touristiques ou des camps de travail. Il les soigne et leur permet de terminer leur vie paisiblement. En effet, de mauvais traitements sont souvent infligés à ces animaux dans les parcs touristiques ou les exploitations forestières.

À notre arrivée, nous sommes accueillis par les volontaires du camp : des voyageurs qui s’arrêtent quelques semaines pour travailler avec les mahouts (les soigneurs d’éléphants). Ces derniers sont des jeunes, enfants de réfugiés birmans, que François a formés. Ici, pas de phajan (méthode cruelle de dressage de l’éléphant, presque jusqu’à la torture, pour qu’il n’ait plus de volonté) : François va monter sa propre école de mahout, avec des méthodes douces, mais plus longues, de domestication et de soins aux éléphants.

Suaï, Tongkham, Tongdeng, Yani, Sengdao et Somphon : tels étaient les noms de nos éléphantes. Nous les accompagnons pour une longue balade jusqu’à la rivière Kwaï où nous partageons leur bain et leurs jeux ! Plongeons et douches s’enchainent toute l’après-midi.
Au retour, nous les montons à cru, sans nacelle. Leur peau est rugueuse, avec quelques  poils, mais c’est agréable de coincer nos pieds derrière leurs oreilles et de poser les mains sur les deux bosses au sommet de leur crâne. Il faut simplement faire attention à leur queue, dont le crin est très dur et pourrait blesser.

Les rizières

La majorité des maisons est construite sur pilotis, au bord des rivières et des rizières. Même quand la maison n’est pas au bord de la rivière, la construction traditionnelle sur pilotis a  plusieurs avantages : la protection contre la saleté, les bêtes indésirables, et les inondations dues à la mousson. A la saison sèche, l’espace sous la maison est utilisé pour toutes sortes d’activités : on y fait la sieste, on y garde les enfants qui dorment dans leur berceau suspendu, on y cuisine, on y  travaille toujours au frais...

Le travail des rizières est saisonnier et le nombre de récoltes dépendra  des précipitations : il s’agit de semer au bon moment pour que la rizière soit suffisamment irriguée. Le champ est entouré de digues que les paysans ouvrent ou ferment pour maintenir le niveau d’eau nécessaire. Dans ces digues, ils posent des nasses tressées pour pêcher de petits poissons et des crabes.

Le riz est l’aliment de base. Au village, tout le monde amène ses  récoltes au moulin qui sépare le grain du son. Le meunier garde le son pour nourrir ses bêtes.
Le meunier travaille gratuitement, en échange du son de riz.

Un élevage de ver à soie

Nous avons observé l’élevage des vers à soie, dans des paniers d’osier placés sous une grande moustiquaire. Les femmes récoltent les cocons et les font bouillir dans une marmite dont elles régulent la température afin que les fils de soie s’agglutinent. Elles les guident alors à travers une baguette de bambou afin qu’ils se rassemblent en un seul fil jaune vif qui s’enroule autour d’une poulie.

De l’autre main, elles tirent le fil qui se dépose dans un bac en attendant d’être mis en pelote et teinté. Nous avons pu essayer, c’est assez facile.  Les larves qui étaient à l’intérieur des cocons entièrement déroulés feront, en fin de parcours,  un mets de choix.

Les fils sont ensuite placés sur une trame de la même largeur que le tissu final, où les mamies font des réserves en nouant du raphia puis ils sont passés dans différents bains de teinture. C’est seulement après, le fil ayant été teinté différemment selon les réserves, qu’il sera guidé dans le métier à tisser avec les navettes et que les motifs apparaîtront comme par enchantement !

Quelques recettes thaïlandaises

Nous avons à plusieurs occasions cuisiné avec Orn... C’est une affaire familiale qui prend des heures tant il y a d’aliments à récolter, couper, écraser... Même le riz est trié, cuit à la vapeur, ou écrasé cru avec de l‘eau dans une petite meule de pierre pour faire du lait de riz et de la pâte à gâteau !

La noix de coco est également mise à toutes les sauces : curry, desserts... Nous la récoltons dans le jardin familial, à l’aide d’une grande perche. Puis les hommes enlèvent la première écorce à la machette, les ouvrent, et les rapent. La pulpe est utilisée telle quelle ou pressée pour en extraire le lait. Pour cuire les gâteaux, nous avons appris à plier des feuilles de bananier, c’était comme de l’origami, et à faire les nœuds en raphia. Mais avant, Orn et ses sœurs les avaient nettoyées, découpées, huilées...

Le tressage du bambou est également un art maîtrisé par les villageois, plutôt les hommes : nasses de pêche, paniers en tout genre... et même hamacs sont fabriqués par les familles. Nous avons également testé le tressage, beaucoup plus compliqué que le filage !

Khao Yai et Erawan

Nous avons souhaité voir des éléphants sauvages, dans leur milieu naturel. Il en reste environ 250 dans le parc national de Khao Yai, à la frontière sud-ouest de l’Isan. Nous avons pu admirer la biodiversité de cette forêt pluviale : l’oiseau calao, proche du toucan, les gibbons, les varans, d’innombrables araignées et serpents, scolopendres géantes, papillons multicolores, envol de milliers  de chauves-souris... mais pas d’éléphants !
La randonnée sous les averses de la mousson et dans la boue reste un souvenir mémorable, comme les glissades d’Arthur dans la boue et les sangsues qui se sont glissées sous les vêtements malgré les guêtres, d’autant plus que nous avons aperçu un crocodile dans la rivière où la baignade était interdite !

Les cascades sont celles du parc d’Erawan, près de Kanchanaburi, où la météo plus clémente nous a autorisé quelques baignades, à condition de ne pas craindre les « bisous » des poissons qui venaient nous chatouiller les pieds !

Le marché de Bangkok

Nous avons adoré parcourir les marchés !
C’était à chaque fois de nouvelles expériences pour nos cinq sens !
 Le premier était à Bangkok, passage obligé entre la petite guest house et le taxi boat sur le fleuve Chao Phraya : un étal odorant de bassines au bord du fleuve, remplies de... poissons-chats, crapauds, tortues, anguilles. Rien à voir avec le « marché flottant » pour les touristes !

Les marchés étaient également nos lieux de restauration favoris : les Thaïlandais mangent beaucoup dehors le soir, des stands de nourriture fleurissent partout... Du traditionnel  pad thaï, un mélange de pâtes sautées, de légumes de saison, de pousses de soja, épices, gingembre, noix de cajou, parfois poulet sauté ou mini crevettes... Un peu différent à chaque fois, mais toujours délicieux,  aux insectes grillés, croustillants mais pas convaincants pour
nos papilles…

Notre odorat a été davantage flatté par les marchés aux fleurs pak klong talad présents partout : de nombreuses Thaïlandaises y sont affairées à enfiler des fleurs (surtout des oeillets jaunes) en colliers que les habitants achètent quotidiennement pour décorer leurs maisons aux esprits, servir de porte-bonheur dans les voitures et les tuk-tuk, faire des offrandes dans les temples.

Les temples (wat) sont présents dans tous les villages. Dans celui où nous étions, les habitants avaient participé à sa construction. Lieu de culte et d’enseignement, il contient également le crématorium du village. Les Thaïlandais sont à plus de 95 % bouddhistes, ils vénèrent Bouddha, un prince nommé Siddhartha,  qui a atteint la sagesse en parcourant le pays à pied en menant une vie d’ascète au VIe siècle av. J.C. Son emblème est le lotus, plante aquatique dont la fleur s’élève au-dessus de la surface de l’eau. C’est aussi une position que l’on adopte pour la méditation.

Reportage et photos réalisés par la famille Hanns

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